Actualités
ETATS-UNIS – Des agriculteurs inquiets sur la coexistence dans l’Etat du Maine
Le Bureau de Contrôle des Pesticides du Maine a autorisé la mise en culture de sept variétés de maïs Bt (cf. Inf’OGM Actu n°6, ETATS-UNIS – Vers la culture du maïs Bt dans le seul Etat où sa culture était interdite). Cette décision est le fruit de consultations qui furent l’occasion d’entendre différents points de vue sur la coexistence dans un pays où le développement des PGM est souvent mis en avant comme le choix d’une société dans son ensemble. Pour Logan Perkins, de l’organisation Protect Maine Farmers, les autorisations de mise en culture de PGM doivent être accompagnées de responsabilités pour les agriculteurs faisant le choix de ce type de culture.
« Le maïs Bt est sur le marché depuis seulement dix ans, ce qui, en délai agricole, est très court. Des études récentes, notamment sur les impacts négatifs du maïs Bt sur les écosystèmes aquatiques, montrent qu’il nous reste encore beaucoup à apprendre avant de gérer de manière sûre cette nouvelle technologie ». Pour L. Perkins, les agriculteurs devraient être obligés de mettre en place des zones tampons adéquates autour de leur champs, suivre une formation annuelle sur la gestion du maïs Bt et les risques liés et informer leurs voisins de leur choix afin que ces derniers puissent prendre toutes mesures visant à se protéger contre des contaminations. Enfin, L. Perkins souligne que « des agriculteurs ont expliqué que leur relation avec les clients est basée sur la confiance et que le potentiel de contamination par du maïs Bt menace cette confiance ». Pour Philip A. Oliver, présenté comme un producteur de produits laitiers bio dans un état – le Maine – où le pourcentage de producteurs de produits laitiers bio est le plus élevé du pays : « toute technologie à disposition des agriculteurs d’autres états doit l’être dans le Maine ». Pour lui, le plan de coexistence existant et l’absence de problèmes déclarés dans le Maine sont les preuves que la culture de maïs Bt ne pose pas de problème. Et de conclure : « pour ceux qui ne sont pas agriculteurs mais qui croient savoir comment nous devrions gérer nos fermes, essayez donc d’en gérer une pour un temps ». Ce qui ne semble pas être l’avis de Melissa Hughes, conseillère pour Organic Valley Family of Farms, la plus grande coopérative bio des Etats-Unis. « Dans le Maine, le choix de cultiver bio est menacé par [cette future autorisation]. Les citoyens peuvent aider à assurer le droit des agriculteurs à choisir comment cultiver, et notamment cultiver bio. Le maïs Bt menace l’agriculture bio du Maine par le biais des contaminations » [1].
Nous avons besoin de vous !
Depuis plus de 25 ans, Inf’OGM produit une information mise gratuitement à la disposition de toutes et tous sur l’artificialisation et l’appropriation du vivant (OGM, NTG, biotech, brevet...).
L’accaparement d’une grande part des aides publiques à la presse par quelques groupes de presse renforce la concentration des médias dans les mains de quelques hommes d’affaires. Cette concentration nuit à la qualité de l’information et au débat démocratique, qui exigent une pluralité de point de vue.
Dans ce contexte, les médias de la presse pas pareille comme Inf’OGM, qui ne reçoivent aucun revenu publicitaire et diffusent l’information gratuitement, ont besoin de vous - lecteurs et lectrices - pour continuer d’exister ! Car, même en accès libre, l’information a un coût.
Soutenir Inf’OGM, c’est œuvrer pour une information fiable, indépendante et accessible à toutes et tous sur les OGM, les biotechnologies et les semences.

