Les manipulations génétiques, la solution à tous les problèmes ?
Avec l’arrivée de Crispr, nous avons fait un bond en arrière. La littérature scientifique et la presse classique regorgent d’articles faisant état de promesses incroyables, de solutions magiques. Ces nouveaux outils de génétique permettent ni plus ni moins de réactiver l’espoir qu’avait suscité pour certains l’arrivée des plantes transgéniques… Espoir qui n’a jamais été étayé par la réalité.
Rappelons-le : 20 ans après les premiers semis de plantes transgéniques, on trouve toujours les mêmes plantes (soja, maïs, coton et colza) et modifications génétiques (production d’un insecticide et tolérance à des herbicides). Les maïs qui poussent dans le désert ou sur sols salins, les tomates qui ne pourrissent plus, n’ont jamais vu le jour mais ont mobilisé du temps de recherche et des deniers, notamment publics.
Nous sommes en train de revivre la même mascarade avec les nouveaux OGM. Mars, le géant des barres chocolatées, a promis d’investir un milliard de dollars afin de modifier le génome du cacaotier avec Crispr/Cas9, pour permettre à ces plantes de survivre à des conditions climatiques modifiées… En Floride, des universitaires annoncent qu’ils sont sur le point de créer des vaches adaptées au réchauffement climatique. Dans le domaine humain, ces outils sont vendus comme permettant de guérir les maladies génétiques, les cancers, Alzheimer, etc. Et si ces nouvelles techniques ne marchent pas, pas de panique. Une nouvelle technique sortira des labos et on pourra repartir sur un nouveau lot de promesses…
En attendant, ces fausses promesses peuvent faire des dégâts. Elles empêchent de repenser une agriculture qui acculent les agriculteurs à l’endettement et une médecine atomiste obnubilée par la génétique, son nouveau Graal. Or, comme le souligne Arnold Munnich, pédiatre et généticien à l’hôpital Necker-enfants malades : « Quand on est malade ou parent d’un malade, et qu’une promesse n’est pas tenue, c’est la double peine. Il faut donc se garder de promesses irréalistes ». Il va même plus loin : il considère qu’explorer le génome serait aussi anxiogène, « car nous sommes tous porteurs de gènes de maladies. Tout le monde est porteur de 50 à 100 gènes de maladies génétiques sans être malade », car tous ne s’expriment pas.
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