Le mirage du biocontrôle
Par Annick BOSSU et Christophe NOISETTE, coordinateurs du dossier
Publié le 01/10/2024, modifié le 25/11/2024
Le biocontrôle est une notion récente qui regroupe des réalités diverses. C’est un concept qui a été développé principalement par l’industrie pour « répondre », officiellement, à la demande de la société de réduire l’usage des pesticides chimiques de synthèse. Les produits de biocontrôle lui donne l’occasion de créer un nouveau marché florissant. Cette notion, d’une part, empiète sur d’autres réalités agronomiques, comme la lutte biologique ou les préparations naturelles, et, d’autre part, recouvre des solutions biotechnologiques.
Les paysans et les jardiniers ont souvent utilisés des plantes (sous forme de purin, de décoction, d’huile essentielle, etc.) pour soigner leurs cultures. Ce sont des préparations naturelles peu préoccupantes (PNPP). Philosophiquement et fondamentalement, PNPP et produits de biocontrôle sont très différents. Le législateur, en France, a voulu encadrer ces pratiques paysannes en leur appliquant des normes pour en restreindre l’usage. En parallèle, le concept de biocontrôle a, lui, été encadré par les pouvoirs publics pour en favoriser le développement.
L’industrie ne souhaite pas que les PNPP existent et concurrencent leurs produits brevetés, d’où la réglementation inadaptée qui les maintient dans l’illégalité. Le gouvernement a ainsi engagé 42 millions d’euros dans le programme public/privé en faveur du biocontrôle industriel via une nouvelle structure où l’industrie tente d’imposer son agenda. Nous décortiquons comment plusieurs organisations en faveur du biocontrôle s’imbriquent, comment les multinationales de l’agro-industrie ont très rapidement mis la main sur les entreprises qui avaient développé des produits de biocontrôle.
Plus de 500 produits sont officiellement reconnus comme « biocontrôle » par le ministère de l’Agriculture. Nous reviendrons sur cette disparité dans des articles à venir prochainement sur notre site Internet. Dans ce dossier, nous insisterons sur la possibilité que, petit à petit, des produits issus de biotechnologies trouvent, en France et en Europe, leur place au sein des produits de biocontrôle. Aux États-Unis, des OGM (micro-organismes, virus et plantes Bt) d’une part et, d’autre part, des sprays à ARNi – qui sont des molécules et non des organismes – sont déjà reconnus comme des produits de biocontrôle et utilisés. Tous ces nouveaux produits induisent des risques environnementaux et sanitaires que nous évoquerons. Nous nous attacherons aussi à montrer les lacunes dans leurs évaluations.
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