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UE – Un mathématicien confirme : « Les évaluations sanitaires ne sont pas satisfaisantes ! »
Dans la bataille pour des analyses de toxicologie sur davantage de rats pendant une période plus longue, le Pr. Gilles-Eric Séralini, qui s’est déjà plusieurs fois exprimé sur le sujet [1], vient d’être rejoint par un autre scientifique de poids, Marc Lavielle, seul mathématicien nommé au Conseil scientifique du Haut conseil sur les biotechnologies (HCB). Si pour lui, le nombre de rats utilisés lors des analyses de toxicologie de telle ou telle PGM est trop faible et la durée des expériences trop courte, l’absence d’un outil statistique permettant d’interpréter les résultats obtenus est plus problématique encore. Pour comprendre cette question, Marc Lavielle explique que « pour détecter, sur le rat, avec une certitude de 99 %, une variation du poids du foie de l’ordre de 10 %, il faut un échantillon de cinquante rongeurs au moins. Sur un échantillon de vingt rats, la probabilité de détection du même effet tombe à 88 %. Avec dix rats testés, elle est d’environ 60 % » [2]. Quand on sait que la controverse des « experts » porte très souvent sur le côté significatif ou non des différences observées, on comprend mieux l’importance d’un tel outil statistique. La controverse entre Monsanto et l’équipe de Pr. Séralini en 2005 sur le maïs Mon863 est un exemple des divergences d’opinions que peut poser l’analyse statistique.
Plus globalement, le débat autour des évaluations des impacts sanitaires semble être porteur de plusieurs points à améliorer, l’un des plus basiques pouvant être celui soulevé par le GIET (Groupe international d’études transdisciplinaires) qui affirme que l’approche même des analyses doit être modifiée. Il explique qu’aujourd’hui, les analyses sont conduites pour répondre à la question : telle PGM pose-t-elle problème ? Or pour le GIET, la vraie bonne question n’est pas de savoir si la PGM pose un problème, mais plutôt de savoir si elle n’en pose pas. Le GIET a donc, sur la base de cette analyse, lancé une pétition [3]. Cette position du GIET a d’ailleurs été reprise, sous forme de questions parlementaires, par les parlementaires européens Monica Frassoni et Luca Romagnoli [4]. Plus qu’un exercice de rhétorique, une telle formulation repose clairement les choses et impose que les résultats des analyses soient lus pour démontrer une absence de problème. La réponse de la Commission européenne à cette question du GIET et des députés est encore en attente…
[1] cf. par exemple Maïs MON863 : l’innocuité toujours en débat
[2] Le Monde, 12 mai 2009
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