Retour sur les mobilisations contre les OGM en Belgique
Peu après le passage des paysans indiens de la Caravane Intercontinentale en Belgique, des autocollants « Risque d’OGM » se répandent dans les supermarchés et sur les distributeurs de friandises pendant l’été 1999. Entre 2000 et 2002, les parcelles d’essai industriel de colza OGM sont décontaminées. Et la pratique de « Genespotting » (« inspection citoyenne »), devient populaire. Des conférences se voient perturbées, des centres expérimentaux de Monsanto et Aventis, tout comme le siège d’Europabio, reçoivent des visites de jeunes militants. Cela irrite.
La Wallonie se déclare « zone sans OGM » en 2008, mais la Flandre, elle, opte pour le retour des essais plein champ menés par ses instituts de recherche publique.
C’est alors qu’est organisé « le Grand échange de patates » (2011), une action de fauchage très médiatisée. Cette expérience collective inspire et relance la mobilisation. Armés des questions dérangeantes, des gens se mêlent dans des débats publiques, ou encore, vont mettre leur nez là où les intérêts se croisent : autour d’une plantation de peupliers OGM, au siège de l’institut flamand de biotechnologie (VIB), berceau de l’industrie OGM. Le VIB reste la cible principale d’un mouvement qui s’ancre dans la condamnation des politiques d’innovation techniciste, des liens toujours plus intimes entre le monde universitaire, politique et les intérêts privés, et dans son engagement à transformer l’imaginaire collectif.
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