Manger tue ?
Pierre Feillet, de l’Inra, propose une série de 60 questions / réponses dont celle-ci : faut-il plébisciter une alimentation naturelle et condamner les produits industriels ? L’auteur prévient que « l’option retenue a été de considérer que les données et les commentaires faisant l’objet d’un consensus […] tel qu’il s’exprime au sein des Académies, […] dans les rapports des agences françaises et internationales […] sont plus proches de la vérité que ceux avancés par des « spécialistes » dont les prises de position sont très minoritaires ». Mais insidieusement, l’auteur prend position pour défendre l’agriculture et l’agro-industrie « conventionnelles ». Dans le chapitre consacré à l’alimentation naturelle, l’auteur mélange allègrement instinctivore, crudivore, partisan des pains au levain, etc. La définition de « naturelle » étant difficile à cerner, l’auteur en profite pour trancher : les aliments naturels ne sont pas meilleurs car il existe dans la nature des produits toxiques. Raisonnement simpliste ? L’auteur affirme de plus que « il n’est pas […] une plante cultivée ou un animal domestiqué dont les généticiens n’aient pas modifié le patrimoine génétique ». Ne serait-ce pas plutôt les paysans et les éleveurs qui ont développé cette diversité ? L’auteur le redit plus loin : « …ce qui conduit les puristes à considérer que stricto sensu toute notre nourriture est génétiquement modifiée ». Dans le chapitre consacré aux OGM, l’auteur affirme que les OGM actuellement commercialisés sont sans danger pour la santé, qu’ils « laissent […] moins de produit chimique de synthèse que les cultures intensives », et qu’ils « contribuent à la réduction des gaz à effet de serre ». Il n’évoque pas les faiblesses de l’évaluation, mais souligne que le maïs MON810 n’est pas un problème car il aurait autant de chance de survivre dans la nature qu’un chien errant. Enfin, à l’instar des pro-OGM, il annonce « pour dans quelques années » les OGM de deuxième génération, tel le riz doré… qu’on attend toujours.
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