FRANCE – Encore de vrais faux débats publics
A Grenoble, la contestation des nano-biotechnologies prend de l’ampleur. Ainsi, de peur que ne rejaillisse face aux nanotechnologies le front anti-OGM, les élus ont annoncé la tenue, en juin 2005, d’un forum citoyen. Les associations locales dénoncent “une mascarade” qui a pour but “d’obtenir le consentement de la population”. “Communiquer, toujours. La haute technologie ne peut progresser que si elle est acceptée, donc comprise par la société”, avertit Jean Therme, promoteur de Minatec, pôle d’innovation et d’expertise pour les nanotechnologies. Une fois encore, l’équation “acceptée, donc comprise” est mise en avant, estimant que le refus des bio et nanotechnologies ne peut découler que de l’ignorance. “Si l’on n’y prend pas garde, on peut alimenter des peurs sans qu’elles soient obligatoirement fondées”, prévient Migaud, président de la Communauté de l’agglomération de Grenoble (Métro). Pour organiser ce débat, la Métro a confié à l’INRA une “mission de diagnostic et d’expertise à un groupe de travail réunissant des experts de l’évaluation technologique participative”. Les experts devront indiquer comment créer “un dispositif pérenne de réflexion, de débat citoyen en amont et parallèlement à la concrétisation de projets scientifiques”. Ainsi l’objectif du “débat citoyen” se révèle : accompagner la concrétisation des projets et canaliser les objections. Ceci n’est pas sans rappeler le “forum citoyen” sur les essais de vigne transgénique en Alsace (1).
Par ailleurs, en Picardie, un débat public organisé selon une méthodologie qui respecte la pluralité des opinions avait été programmé. Le Conseil régional, après avoir accepté de le financer, s’est rétracté. Récemment, il a annoncé la tenue de conférences scientifiques sur les OGM au lieu du débat.
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