Changement climatique : « ne changeons rien » !
La Présidente de la Commission européenne, nouvellement nommée, Ursula von der Leyen, a présenté à l’occasion de la réunion annuelle des Parties de la Convention sur les changements climatiques (COP25) le Pacte vert. Dans une version provisoire, qu’Inf’OGM s’est procurée, la Commission annonce que l’innovation et notamment les « nouvelles techniques génomiques » sont nécessaires pour « s’adapter au changement climatique et améliorer la durabilité des systèmes alimentaires ». La mention des OGM à peine déguisée derrière cette nouvelle expression a disparu de la version finale, mais l’esprit demeure.
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Ce Pacte vert est selon les mots de la Présidente « la carte à suivre pour atteindre l’objectif d’un continent neutre en émission carbone ». Pour cela, elle mélange allègrement « agriculture de précision », « agriculture bio », « nouvelles technologies vertes » ou « innovantes », « innovations de rupture »…
Cette façon de réunir différents vocables dans un même discours, est une pratique courante des dirigeants pour faire croire que tout est dans tout et réciproquement. Les OGM et la bio seraient compatibles et il serait vraiment dommage de ne pas utiliser les dernières technologies devenues « si précises ».
Ce n’est pas nouveau. Aux précédentes COP, l’industrie avait poussé le concept de « smart agriculture ». Ce concept flou, aux contours étrangement larges, peut se ranger dans la même catégorie que ce Pacte vert : le greenwashing. Pour preuve, une des success story mise en avant par la FAO concerne les plantes transgéniques rendues tolérantes aux herbicides qui « renforcent la résilience climatique des systèmes agricoles et leur capacité à atténuer le changement climatique ».
La lutte contre le dérèglement climatique est sur toutes les lèvres, mais les engagements restent faibles, voire contraires aux objectifs. Les organisations de la société civile qui demandaient pacifiquement dans l’enceinte de la COP 25 « une augmentation de l’ambition climatique » ont « été poussées, intimidées et malmenées » et « la sécurité des Nations unies [leur a] retiré [leurs] badges ». Il est plus facile pour les gouvernements de « négocier » avec Yara, le premier fabricant d’engrais, et d’écouter son discours : plus d’engrais, plus de rendement, donc moins de CO2 lié à l’agriculture. À cette équation, ajoutons des variétés transgéniques pour, en théorie, mieux valoriser l’azote et nous aurions la solution pour ne surtout rien changer au nom de la lutte contre le changement climatique.
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